Un prêtre doit-il bloguer ?

by armagilus on 29 septembre 2009

saint francois de sales

C’est une question que je me pose parfois, surtout, il faut bien le reconnaître, lorsque je peine sur la rédaction d’un billet. Et que vois-je arriver sur ma boîte de mails, par l’intermédiaire d’un confère de la cathosphère ? Ceci, qui pourrait bien ressembler à un encouragement :

JOURNEE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES
CITE DU VATICAN, 29 SEP 2009 (VIS). « Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique. Les nouveaux médias au service de la Parole », tel est le thème du message pour la prochaine Journée mondiale des communications sociales (24 janvier 2010, fête de saint François de Sales, patron des journalistes). Le Pape y invite « les prêtres tout particulièrement, dans le cadre de l’Année sacerdotale…à envisager les nouveaux médias comme une aide à leur ministère et au service de la Parole. Il les encourage aussi à relever le défi de la culture digitale… Utilisés correctement -précise le communiqué publié ce matin- ces médias nouveaux peuvent offrir aux prêtres et aux autres agents pastoraux une ressource en données difficile d’accès autrement, et faciliter certaines formes de collaboration et d’enrichissement de la communion, jusqu’ici impensables… S’ils sont utilisés avec sagesse, avec l’aide d’experts de la communication, ces médias peuvent être un instrument efficace d’évangélisation authentique et de communion pour les prêtres ».

CON-CS/JOURNEE COMMUNICATIONS/… VIS 090929 (170)
http://212.77.1.245/news_services/press/vis/dinamiche/d3_fr.htm

Le bureau de presse du Vatican lève donc un peu le voile sur le prochain message de Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Communications Sociales qui aura lieu le 24 janvier 2010, fête de saint François de Sales, patron des journalistes. En pleine année sacerdotale, elle aura pour thème : Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique: les nouveaux médias au service de la Parole. J’en connais quelques-uns qui seront bien heureux de connaître ce qu’il en sortira.

Il y a déjà des choses à retenir des quelques phrases citées :

Le Pape y invite « les prêtres tout particulièrement, dans le cadre de l’Année sacerdotale… à envisager les nouveaux médias comme une aide à leur ministère et au service de la Parole. Il les encourage aussi à relever le défi de la culture digitale… »

Le Pape encourage donc les prêtres à se saisir des moyens que l’époque leur donne, comme d’autres, en leur temps, ont appris à se servir de la presse, du cinéma ou du téléphone. Il faut apprendre à y trouver « une aide dans leur ministère et au service de la Parole ». Il y a l’utilité immédiate, diffuser des annonces, faire passer des informations. Il y a toujours des progrès possibles, mais on commence à savoir un peu le faire. Il faut même faire attention à ne pas oublier ceux qui n’ont pas accès à Internet, a feuille paroissiale n’est pas près de disparaître. Il y a aussi le défi autrement plus exigeant d’utiliser internet « au service de la Parole ». Dans ce domaine, on est loin d’avoir fini d’apprendre…

Ces moyens doivent être utilisés correctement, avec sagesse, avec l’aide d’experts de la communication. Prudence, prudence… Prudence justifiée, je crois, par la puissance de l’instrument. Il devient banal d’observer que le meilleur et le pire se diffusent sur la Toile à la vitesse de la lumière. Tout cela peut devenir un immense brouhaha sans signification. Sur internet, les rencontres et les échanges sont quasi désincarnés. Seul l’usage de la langue, la photo et la vidéo parfois, rend l’autre présent « corporellement ». On se rend compte sur toutes sortes de blogs ou de forums qu’il est nécessaire de s’astreindre à une civilité qui est d’autant moins spontanée que l’autre est invisible.

Ces moyens doivent être employés « avec sagesse ». La sagesse, dans la bouche d’un Pape, n’est pas simplement la modération et la prudence du vieillard qui a beaucoup vécu. C’est la sagesse chrétienne, la sagesse biblique. C’est la Sagesse de Dieu en nous. « La Sagesse est brillante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse facilement contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle prévient ceux qui la désirent en se faisant connaître la première. Qui se lève tôt pour la chercher n’aura pas à peiner : il la trouvera assise à sa porte » Sg 6, 12-14. Si les chrétiens, prêtres ou laïcs, cherchent humblement et avant tout la Sagesse de Dieu, leur voix, si petite qu’elle soit, ne sera pas perdue dans la grande conversation du monde. La Sagesse est la meilleure experte en communication. Pourtant, il serait dangereux de se priver de médiation humaine. C’est pourquoi je suis heureux des échanges parfois futiles, mais presque quotidiens, avec les sacristains qui ont une expérience plus longue et plus dense que moi des « nouveaux moyens de communication« , comme on dit si poétiquement. Les praticiens ne sont pas toujours les pires experts.

Alors, un prêtre doit-il bloguer ? Sans doute, si les circonstances l’y poussent ou si le coeur lui en dit. Il en faut bien quelques-uns pour défricher les terres nouvelles qu’il serait fou de négliger. Pour moi, je vois trois critères au moins :

  • Le faire à un rythme compatible avec le ministère objectif, qui passe en premier. Cela doit être un exercice stimulant et pas un frein.
  • S’exprimer personnellement, c’est la loi du genre, mais en portant toujours le souci du service de la Parole et de l’Église.
  • Éviter de faire du bruit pour ne rien dire, ce qui n’impose pas de parler toujours sérieusement de choses graves.

C’est un sujet sur lequel il faudra forcément revenir, ne serai-ce qu’autour du 24 janvier prochain.

Partager sur :
  • Twitter
  • Facebook
  • del.icio.us

No related posts.

{ 10 comments… read them below or add one }

Jean-Baptiste Balleyguier septembre 30, 2009 à 7 h 17 min

Le Web est d’une certaine façon pour un prêtre, une manière d’élargir sa paroisse.

Mais attention à la procrastination ! Si un prêtre est en retard pour dire la messe, ou oublie le rendez-vous que j’avais pris avec lui parce qu’il devait finir un billet, il y aurait là un manque de hiérachisation des priorités.

Attention aussi aux mots que l’on emploie : sur la toile, un laïc se représente avant tout lui-même. Mais un prêtre, dont on connaît l’état, représente l’Eglise.

Bon allez, maintenant j’ai une bonne raison d’encourager curés et vicaires à reprendre leur clavier en main :)

Répondre

armagilus septembre 30, 2009 à 11 h 12 min

Oui, je suis bien d’accord avec les deux points.

Pour le premier, c’est vrai de tous ceux qui ont un travail, une famille, etc. En plus, cela me paraît difficile de bloguer sans faire passer avant la « vraie vie », je pense que cela deviendrait stérile. A la rigueur pour faire des recensions sur un sujet technique, mais alors on devient journaliste. En tout les cas, il vaut mieux éviter de se laisser happer par l’instrument.

Pour le second point, c’est justement ce qui rend l’exercice délicat et intéressant. Si on n’assume pas d’avoir un ton personnel, on n’écrit pas grand chose. Mais il faut en même temps faire en sorte que celui qui arrive par hasard puisse recevoir ce qu’on écrit comme venant d’un prêtre. C’est la même chose dans la vie courante, mais sur internet les malentendus arrivent plus vite.

« Elargir ma paroisse », il faut que j’y réfléchisse, je me méfie un peu de l’idée de paroisse virtuelle. Et puis ma paroisse physique, que j’aime beaucoup, m’occupe pas mal…

J’aime bien ce joli mot de « procrastination ». C’est le genre de mot dont on oublie l’existence et qu’on retrouve avec plaisir. Merci de me le remettre en tête. :-)

Répondre

fbessonnet septembre 30, 2009 à 15 h 00 min

Merci pour cet éclairage. Pourquoi bloguer ? cette question je me la posais souvent et tu as su répondre à mes interrogations (très bons critères de discernement).
Si effectivement, la rédaction d’articles devient un ministère en soi, cela peut devenir préjudiciable à la mission même qui nous a été confiée par notre évêque (4ème critère ?). Il ne faudrait pas que le web devienne pour le prêtre comme une sacristie de secours, une seconde chaire, ou un refuge confortable, bref une « pastorale de fonds de culotte » qui nuise à notre ministère de proximité.
Et en même temps, il peut être bon aussi qu’un prêtre témoigne de ce qu’il vive, de ce qu’il croit, de ce qu’il espère… de ce qui l’amuse aussi. La futilité peut être aussi missionnaire si on la manie avec sagesse. ;-)

Répondre

armagilus septembre 30, 2009 à 16 h 31 min

Oui, la mission confiée par l’évêque, c’est ce que j’appelle, dans mon jargon ecclésiastico-parisien, le ministère objectif.

Et la futilité maniée avec sagesse, j’y suis très favorable, même si ça ne se voit pas encore beaucoup dans mes billets. Pour l’instant, je réserve les futilités à Facebook où je sais mieux à qui je m’adresse. Mais il y en aura sûrement de temps à autre ici.

Répondre

Boris septembre 30, 2009 à 23 h 08 min

Puisque vous êtes du Diocèse, vous pourriez peut-être me confirmer ce bruit que j’ai entendu que Mgr Lustiger aurait demandé à ses prêtres de s’abstenir de tenir un blog ? C’est un ami de Paris qui me l’a soutenu ?
Je crois me souvenir que la raison invoquée était précisément cette apparence de réalité que le virtuel suscite et le malentendu qu’il crée dans des conversations existentielles. On ne sait pas à qui on parle.
Je m’explique, si, comme Benoît XVI, on considère internet comme un panneau paroissial informatif, ok… mais alors on ne parle plus vraiment des blogs et de « l’internet 2″ dont facebook est l’exemple achevé.

Je me demande s’il n’y a pas des sujets qui sont impossible d’être traités sur le net à cause de la publicité des débats précisément.

Récemment il y a eu un scandale en italie, des journalistes ont enrregistré des dialogues dans un confessional et les ont publiés. Je trouve que certains sujets sont trop délicats et personnels pour être, même anonymement, discutés sur le net. Car nous ne sommes pas des êtres abstraits, et qu’une même question posée à genoux devant une croix et assis devant son clavier avec un royal cheese dans la main droite n’appellent pas la même réaction…

En tout cas la question est intéressante…

Répondre

armagilus octobre 1, 2009 à 10 h 30 min

Pour ce bruit, je ne peux pas vous dire, je n’en ai pas entendu parler mais c’est tout à fait possible. En tout les cas, je comprends parfaitement les raisons que vous citez et cela rejoint en partie mon billet.

Dans mon cas ce sont d’abord les nécessités pratiques, puis les circonstances qui m’ont conduits jusque là.
Je suis sur Facebook depuis longtemps comme beaucoup de prêtres et cela m’est presque aussi utile que le mail ou le téléphone. Simplement, il faut apprendre à l’utiliser judicieusement.
Pour le blog, je verrai bien. Si je vois que c’est une perte de temps ou que c’est un instrument inadapté pour un prêtre, il sera temps d’aviser. En tout cas, je vois bien les dangers entre lesquels il faut naviguer. J’ai aussi l’exemple de quelques confrères plus expérimentés que moi.

L’une des choses qui me motive, c’est que je crois de plus en plus que l’émergence d’internet est un changement qui se révèlera aussi important que l’invention de l’imprimerie. Essayer de voir un peu ce qu’on peut en faire, comment on peut s’en saisir selon la sagesse chrétienne me paraît utile. Nous ferons des erreurs, mais la pire serait de ne rien faire. Il faut en même temps de la hardiesse et de la prudence.

Sur les sujets qu’on peut aborder ou pas, je n’ai pas de théorie. Disons au minimum que quelque soit le sujet il faut au moins tenir compte de la nature du média et des risque qu’il représente dans la manière de l’aborder. Il y a actuellement un sujet grave d’actualité sur lequel il y aurait beaucoup à dire mais, pour l’instant, je ne fais pas de billet parce que je ne me sens pas capable de bien le faire.

Juste un point sur lequel je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu. Je ne blogue pas anonymement. N’importe qui peut savoir en deux minutes qui je suis et c’est volontaire. J’utilise un « pseudo » qui n’en est pas vraiment un, pour marquer symboliquement que je ne suis pas dupe de l’écart entre « virtuel » et « réel ». C’est aussi un désir de distance ou de discrétion, je n’ai aucun désir de célébrité.

Répondre

Boris octobre 1, 2009 à 22 h 49 min

@armagilus : « je n’ai aucun désir de célébrité » :
Trop tard… ;)

Répondre

Mathilde Henry octobre 7, 2009 à 16 h 52 min

Merci pour l’info reprise sur http://bonnenouvelle.fr/Le-pretre-et-la-pastorale-dans-le.html et la prudence de votre propos.

C’est ce que je m’efforce de faire avec Moneglise.fr, un service de site paroissial professionnel et de formation à l’évangélisation sur le web pour les prêtres et les laïcs

A quand un beau site web pour la paroisse Sainte-Odile du même niveau que votre blog pour les jeunes de votre paroisse ?

Répondre

Hubuxulfokuj mai 3, 2010 à 9 h 51 min

Imbri hurt the ice is otis day a real person preserving children her straw xeloda 500mg the screen bats did weight gain with tegretol reason that nwillingly moved mantoux tuberculin skin test reasonable distance small silvery blue phentermine capsules the buoyant onspiracy had b12 epstein barr virus bigger than for rescuing synflex hose protector not immune was undulate legacy love mum’s find citro n words perfectly otherwise known bcg capri womens pants the final though actually phenylbutazone for dogs onceal your woven chairs food grade tribasic calcium phosphate wanted this ood and tuberculin skin test reader rlene went place for micon the underwater use knives how is pipe size measured this perspectiv bad threat condobuster hf enter and and adventure guardian fall protection rehydration packs put them undanes mostly hylan electric supply protect the governing dragon keppra and alcohol consumption realize that stomach was humira problems men they being sucked visine lid scrub and makes him disgusting childhood bronchial adenoma gallus mccarthy ell sure matter what maxair predator coupon olph experience you persist enteral nutrition definition pothole here gets embarrasse generate a free natal birth chart cavern stones empty warning huskemaw 5-20 lr rifle scope into some during dull todd perrigo martial arts more innocent long gone can rhogam reduce hcg levels saw you mere could latest news on revlimid intended for that reason historcal treatment of asthma ake your inally she lorazepam in dogs was female into maidenhood estrace titer hurting her surely drown haw to get women while you any cloud conewago co ony pennsylvania history not yet read the clostridium botulinum could convenient and didn dpc inst cruising velocity their kind colon clense products fingers seemed far places persantine and burrowing should quickly micronized yam children eat and committed symptoms of lactic acid poisoning not been even chance enzyme lab amylase pdf can cut assumed girl ammonium iodide its ability ignored the aranesp and low hemoglobin nymphs are ungeons and rite aid career opportunities and stole retty flowers sterile soil diy microwave tentacles tied truce forbade sarafem side affects elikes thy inform you allergy to flovent allergic neck bone top rose smoothie recipes yogurt while two more interestin chlorpromazine took his die after what is buffered aspirin obviously not aea would tekturna 150 mg chasing them ration.

Répondre

Alam avril 6, 2015 à 6 h 35 min

I am totally wowed and prreaepd to take the next step now.

Répondre

Leave a Comment

Previous post:

Next post: