Zemmour la haine et l’amour

by armagilus on 7 février 2010

Éric Zemmour a frappé fort cette semaine. Journaliste bien connu pour ses interventions dans l’émission de Laurent Ruquier, On n’est pas couché, il se fait remarquer par la vivacité de ses propos qui s’opposent souvent au consensus médiatique, disons, même si l’expression est usée, au politiquement correct.

Il fait la joie d’un grand nombre lorsqu’il contredit en souriant le dernier people à la mode qui se répand en considérations sentimentales sur des sujets qu’il maîtrise mal. Le spectacle est amusant. On voit un Zemmour toujours courtois et même sympathique, qui est ravi de se faire huer par un public grégaire, et l’icône médiatique entre parfois dans une fureur incontrôlée. Lorsqu’Éric Naulleau vient en plus donner au pauvre chanteur qui a commis un livre une leçon de français littéraire, la scène devient vite rafraîchissante. Alors, depuis longtemps, ceux qui aiment Éric Zemmour ont leur blog où ils peuvent venir parfois se reposer du ronron médiatique.

Depuis le mois de janvier, Éric Zemmour donne une petite chronique quotidienne sur RTL, Z comme Zemmour, il y a du Zorro là-dedans. En trois minutes trente, il parvient souvent à troubler le consensus obligatoire sur une question d’actualité. On se souviendra en particulier de sa chronique du 18 janvier, qui a sans doute contribué à éteindre, au moins provisoirement, le procès médiatique de Pie XII.

Mercredi dernier, le 3 février, la chronique de Zemmour a fait beaucoup plus de bruit que d’habitude. Le titre était déjà tout un programme : IVG : la loi Veil détournée. Le titre donné au Podcast sur ITunes® est encore plus explicite : « L’IVG, de la tolérance compassionnelle à un droit acquis ». Éric Zemmour commente le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) : Evaluation des politiques de prévention des grossesses non désirées et de prise en charge des interruptions volontaires de grossesse suite à la loi du 4 juillet 2001, quatre-vingt-treize pages de poésie administrative. Il relève quelques faits:

  • Il y a 200.000 avortements par an en France, le chiffre est constant. Depuis la loi Veil en 1975, il y a donc 35 ans, cela fait 7 millions de personnes.
  • Il fait remarquer que si l’on ajoutait mécaniquement ce chiffre à celui de la population française (calcul à nuancer, il le sait et le dit), nous ne serions pas très loin de celui de la population allemande. Le nombre d’avortements a donc une influence sur la croissance économique et le poids politique de notre pays.
  • 72% des femmes qui ont eu recours à l’avortement étaient sous contraception (voir le rapport, page 4, j’ai eu moi aussi un peu de mal à le croire…). Le discours militant selon lequel la généralisation de la contraception entraînerait la quasi-disparition de l’avortement est donc démenti par la réalité. Il fait remarquer que le désir d’avoir ou de ne pas avoir un enfant est sans doute bien plus compliqué qu’un choix binaire, il y a aussi la confusion des sentiments. Mais pourquoi toujours privilégier le renoncement à l’enfant ?
  • Le présentateur interrompt alors le chroniqueur pour «lui rappeler que l’avortement est un droit».
  • Celui-ci répond alors que c’était en 1975 une loi de «pis-aller compassionnel», il s’agissait de tolérer l’avortement pour éviter les dangers et les injustices de l’illégalité. C’est ensuite, «selon une logique bien française du droit à tout», qu’on a voulu en faire un droit acquis à développer sans cesse. Il donne comme exemple la campagne d’affichage de la Région Ile-de-France : «sexualité, contraception, avortement : un droit, mon choix, notre liberté».
  • Le ministre de la santé comme les associations féministes finissent par parler de l’avortement comme d’un acte médical, comme si le fait d’attendre un enfant était une maladie.
  • On a l’air d’oublier que nous avons tous été des foetus, il ajoute à l’adresse du présentateur «même vous, Vincent», qui répond, sans doute sous le coup de la surprise, «ah bon ?». Zemmour conclut en disant qu’on songe rétrospectivement que nous l’avons échappé bel.

Chacun des points de la chronique pouvait énerver beaucoup de monde et ça n’a pas tardé. Marie-George Buffet s’est fâché tout rouge, le mouvement de jeunes socialiste tout rose, si j’ose dire, et le Planning Familial a obtenu de la direction d’RTL un droit de réponse. Je vous épargne le tour des blogs (Voir à ce sujet le billet de Koz).Bien qu’il soit le plus évident, le dernier point de la chronique était sans doute le plus inacceptable pour beaucoup. La seule affirmation selon laquelle nous avons tous été des foetus nous rappelle que ce qu’on avorte est humain, que l’avortement n’est pour le moins pas un acte médical. Pour le politiquement correct et le discours militant, le plus insupportable est toujours de rappeler la réalité la plus simple et la plus concrète. Méfiez-vous d’affirmer que le ciel est bleu si ce rappel met en cause un intérêt militant.

Une bonne partie de la «cathosphère» s’est au contraire beaucoup réjouie de la chronique et a salué le courage et le talent d’Éric Zemmour. Nous sommes dans la situation paradoxale où un journaliste qui ne cache pas qu’il n’est pas chrétien monte en première ligne dans des positions qui sont proches de celles de l’Église. Faut-il s’en réjouir ou s’en méfier ? Il me semble qu’on a bien le droit de s’en réjouir. La position de l’Église sur l’avortement n’est pas une question théologique mais une affaire de raison. Ce qui est étonnant c’est plutôt que les chrétiens soient souvent si seuls à se faire entendre sur le sujet. À entendre sa chronique, il n’est pas certain qu’Éric Zemmour ait tout à fait la même position que l’Église sur la dépénalisation l’avortement. Il n’est pas certain non plus qu’en tout domaine sa pensée soit proche de celle de l’Église. Mais sa position et les réactions qu’elle suscite montrent à qui veut voir que le dogmatisme, l’abus de l’argument d’autorité, l’intimidation au besoin, sont bien plus le fait du clergé de la pensée médiatique que de celui de l’Église catholique. Il nous montre aussi que nous ne devons pas avoir peur du consensus obligatoire, notre époque a manifestement soif de paroles vraies. Il faut continuer à servir la vérité et à vivre la charité. L’une sans l’autre ne convainc personne.

Enfin, reste l’état dramatique de notre société sur l’amour, la famille, le respect de la vie humaine. Nous arrivons au bout d’une logique et nous continuons. Après trente-cinq ans d’échec, notre ministre de la santé continue manifestement à penser que la seule façon de diminuer le nombre d’avortements est de prendre des mesures pour faciliter la contraception. Face à l’échec, il est parfois utile de s’asseoir pour réfléchir. Il faudra peut-être se demander un jour, lorsque toutes les mesures techniques auront échoué, si on n’aurait pas finalement intérêt à nous interroger sur notre façon de penser et de vivre.

Pour aller plus loin : campagne Aux larmes citoyennnes ! de par l’Alliance pour les droits de la vie (ADV)

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Autres billets :

  1. Célibat et pédophilie, entre scandales et intox
  2. Debout les morts ! Un appel à la vérité !

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Athanase VanPire février 7, 2010 à 11 h 20 min

Merci pour cette mise au point ! Il est important de souligner comme vous l’avez fait que Zemmour n’est pas non plus la voix des chrétiens. Ses choix politiques sont aussi discutables que les miens ou ceux de ma voisine. Néanmoins, il est la petite voix qui dérange, c’est à se demander par quel miracle il peut s’exprimer encore, étant donné qu’un homme comme lui doit marcher sur des oeufs à chaque instant.

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Yogi février 7, 2010 à 13 h 41 min

« 72% des femmes qui ont eu recours à l’avortement étaient sous contraception » : ça prouve bien que dans leur cas elles ne veulent PAS d’enfant, pour des raisons qui les regardent. Et non pas que « ah ben c’est un accident, après tout un enfant pourquoi pas, je sais pas faut voir, je me laisse manipuler par les pro-avortement, etc … »
Alors on fait quoi ?

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Yogi février 7, 2010 à 13 h 51 min

Oups ! Et pardon d’être entré sans dire bonjour pour un premier commentaire ! L’impulsion, tout ça …
Amicalement

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Aristote février 7, 2010 à 16 h 23 min

@ Yogi

On peut aussi faire l’hypothèse qu’il est illusoire de mener une vie sexuelle irresponsable en prétendant être en même temps responsable dans la mise en œuvre d’une contraception, ou d’une protection contre les MST.

Et réclamer le « droit » à l’avortement comme corolaire nécessaire du droit à baiser comme on veut, c’est pour le moins discutable.

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Yogi février 7, 2010 à 16 h 56 min

@Aristote : J’ai comme le sentiment que vous êtes opposé au « droit de baiser comme on veut », et j’en déduis que vous êtes opposé à la contraception, ce qui va limiter les possibilités de débat.

En tous cas avec plus de 8 millions de femmes sous contraception en France, cela fait 100 millions d’ovulations par an, les avortements correspondent donc à un taux d’échec de 2% ce qui paraît parfaitement explicable.

S’il se confirme que les avortements sont pour l’essentiel des « accidents de contraception », cela rejoint les cas que je connais : il s’agit bien de « tout le monde », et essentiellement des femmes actives mères de famille et parfaitement responsables, et non des collégiennes déboussolées, sous-éduquées et victimes des docteurs fous du planning familial comme voudraient nous le faire croire les anti-avortement.

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Boris Borodinov février 7, 2010 à 17 h 01 min

Défendre le bon sens est une chose.
Soutenir un polémiqueur cash qui dit les choses sans nuances, est plus risqué… du moins pour un prêtre.

Le point qui choque non pas l’opinion publique vue abstraitement mais certaines femmes en particulier, ce n’est pas l’évidence qu’on a été des foetus, mais le raisonnement tacite qui se cache derrière : mesdames qui avez avorté, vous êtes coupables de meurtre !
Indépendamment de la question de l’imputabilité qui se discute toujours, il faut un background métaphysique pour se persuader de cette affirmation. Voir un être humain dans un foetus est évident pour un chrétien mais pas forcément pour le « bon sens ». La preuve c’est que l’avortement n’a posé aucun problème pendant des milliers d’années. Le fait de reconnaître la dignité de l’être humain dès sa conception n’a rien d’évident, même si c’est ma conviction grâce à la métaphysique. Or le problème c’est que les gens n’ont pas ce background. Donc, cette assertion n’est pas si pleine de bon sens que cela pour les intelligences contemporaines.
Affirmer ex cathedra une hypothèse non évidente pour tous, et qui entraîne une culpabilité potentielle énorme pour une grande partie des auditrices…je trouve ca très problématique.
Que l’Eglise travaille à reconnaître la dignité humaine du foetus est une chose. Qu’un chroniqueur balance ses graves vérités du haut de sa subjectivité, avec un ton qui dénoncerait aussi bien la vie chère, pose les même problème qu’un jeune prêtre qui recracherait son catéchisme avec l’arrogance du béotien. L’Eglise se bat souvent pour la décence dans la pub, pourquoi soutenir celui qui en manque quand ca nous arrange ?
Il y a des sujets qui ne s’éclairent que dans le contexte de la miséricorde. L’Eglise a ainsi des « amis » qui la desserve parfois soulignait Mgr Léonard mercredi dernier dans une interview. Je ne dis pas que c’est le cas de Zemmour, mais cela invite à la circonspection. L’indignation des autres n’est pas toujours la preuve de l’héroïcité de notre martyre !

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Riyano avril 6, 2015 à 7 h 01 min

Superbly iltiumnaling data here, thanks!

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Yogi février 7, 2010 à 17 h 11 min

Rectificatif : 200.000 avortements annuels c’est 2 pour mille des ovulations sous contraception ! Cela renforce d’autant mon point.

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armagilus février 7, 2010 à 17 h 50 min

@Athanase VanPire Merci à vous. En effet Zemmour n’est pas la voix des chrétiens et ce n’est pas parce qu’il parle que nous devons nous endormir. Je le crois honnête et utile.

@Yogi. Bienvenue. La question que vous posez appellerait de longs développements. On ne peut sûrement pas régler la question de l’avortement en faisant abstraction du contexte. Je vois au moins trois éléments :

- La question de la sexualité humaine et responsable. Je ne crois pas du tout que « le droit de baiser comme on veut » puisse nous rendre heureux. L’acte sexuel sans amour vrai, et donc sans engagement radical, sans vrai don de soi, ne rend pas heureux.

- La question de l’acceptation de l’imprévu. Il y a bien des choses que nous subissons dans un premier temps et qui finalement s’avèrent heureuses. A se protéger à tout pris des imprévus et des contradictions, on finit par ne plus vivre.

- La question de la fin et des moyens. Il y a des cas où l’attente d’un enfant est une perturbation énorme, c’est évident, cela peut même sembler insupportable dans certaines situations. Mais est-ce qu’une situation de détresse justifie tous les moyens ? Devons-nous considérer que nous disposons de la vie de ceux qui perturbent notre existence ?

Il ne faut quand même pas oublier que nous parlons de millions de vies humaines rien qu’en France. Un million tous les cinq ans… Peut-être s’agit-il des 2% de marges d’erreur (je pense que c’est plus compliqué que cela), mais il ne s’agit pas du tout d’un phénomène marginal. L’IGAS estime que 40% des femmes françaises avortent un jour ou l’autre…
Évidemment, il n’y a pas de solution magique ou technique. Je crois que c’est notre vision de l’existence qui est en cause : l’amour, la sexualité, l’imprévu et les contrariété, le respect de la vie humaine, la fin et les moyens, etc.

Pardonnez-moi, je suis un peu bref et lapidaire. Pour résumer, je crois qu’on peut prendre toutes les mesures techniques du monde, on n’arrivera à rien sans changer nos mentalités sur quelques questions humaines fondamentales, ce qui n’implique pas du tout de devenir malheureux ou d’avoir une vie triste, bien au contraire.

@Aristote, je crois que nous sommes d’accord sur ce point.

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Yogi février 7, 2010 à 18 h 02 min

« L’IGAS estime que 40% des femmes françaises avortent un jour ou l’autre » … Je crains Aristote que votre diatribe sur les baiseuses irresponsables et manipulées ne soit qu’une vision extrêmement biaisée (bien : « biaisée ») du problème.

La raison pour laquelle vous vous focalisez sur cette vision essentiellement fantasmatique pourrait mériter réflexion.

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armagilus février 7, 2010 à 18 h 49 min

@ Boris Borodinov : Pardonnez-moi, nos commentaires se croisent. Je comprend votre point de vue et il est hors de question de se livrer à une condamnation des personnes. La culpabilité dans ces domaines est énorme et cela permet de comprendre beaucoup de réactions, je le sais bien.
Je crains que le caractère problématique de l’avortement soit beaucoup plus habituellement compris que vous ne le dites. Non parce que nos contemporains ont un background métaphysique mais parce que la réalité biologique est largement connue. Il est difficile maintenant d’ignorer que les « dates limites » pour pratiquer l’avortement sont largement arbitraires et conventionnelles. Je pense que nous ne sommes pas dans une situation d’ignorance mais plutôt d’un tabou largement connu, ce qui est sans doute pire. Ensuite, la question métaphysique de la personne, c’est un peu différent et je n’en parle pas, je ne crois pas que ce soit immédiatement utile.
Nous sommes aujourd’hui, et pas seulement en France, bien au delà d’une succession de situations individuelles. On nous a proposé des réponses législatives et techniques et il est évident que cela ne conduit à rien. La campagne d’affichage de la région Ile de France illustre bien cette impasse.
Alors que faut-il faire ? Simplement accompagner les personnes ? Je crois qu’il faut en même temps parler. Il me semble que Zemmour, qui est assez finaud, a choisi ses mots et n’a pas dit n’importe quoi. Je n’ai pas du tout l’impression qu’il se soit fait plaisir, cela aurait d’ailleurs été assez masochiste de sa part.

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Boris Borodinov février 7, 2010 à 21 h 48 min

Je ne crois pas qu’il se fasse plaisir, mais prendre le contre-pied absolu de la pensée unique, accepter de se faire huer régulièrement en souriant, est certes courageux, mais c’est aussi un « genre » médiatique. Je ne dis pas qu’il faille réserver la question au dialogue individuel. Mais ce type de genre littéraire sur un tel sujet me paraît tout de même contestable.
Je suis d’accord avec vous sur le caractère insuffisant des réponses techniques et législatives. Et je sais bien qu’il y a des lobbies forts qui entretiennent sciemment la confusion. Mais il faut arrêter de prendre la société française pour des crétins qui se laissent mener par le bout du nez.
Ce n’est pas parce que le donné biologique est largement connu que la dignité humaine du foetus est évidente. Même la frontière entre le vivant et l’inerte est encore objet à discussion. Le côté « arbitraire » de la date limite d’avortement vous paraît peut-être scandaleuse en soi, mais combien de limites « arbitraires » encadrent notre vie et notre jugement moral ? Pourquoi l’Eglise avait-elle autrefois ses esclaves ? (elle n’a pas toujours placé le curseur de la dignité humaine au même endroit !) pourquoi la majorité pénale est à 18 ans ? quand peut-on parler d’état de droit ?
Ce qui est gênant, ce n’est pas, je le répète, le fait de faire réfléchir publiquement sur ces questions, ce n’est pas de s’engager en politique pour cela, mais c’est de considérer les gens uniquement comme des enfants qui ont été mal éduqués, qui se fourvoient dans un tabou dont ils sont complices.
Je ne suis pas sûr que, malgré un courage et une liberté de ton que je salue, Zemmour soit à encourager sur cette voie périlleuse.
Les tabous ne sont pas toujours des complots machiavéliques. C’est souvent une réaction sociale à une agression. Qu’il faille bousculer les tabous est une chose, mais qui sème le vent récolte la tempête. Je ferai peut-être un parallèle avec les caricatures de Mahomet, ou les commandos anti-avortement, toutes proportions gardées, il va sans dire.
Bien cordialement à vous.
BB

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do février 7, 2010 à 22 h 56 min

Apparemment, en Amérique, ils adoptent chez les enfants de 12 ans, une formation à l’abstinence, c’est à dire à différer l’âge des premières relations sexuelles, histoire de les aider à les reporter simplement au moment où « ils seront prêts »: si on voyait en France une détermination à abaisser le nombre des avortements en utilisant cette méthode parmi les autres, on pourrait croire qu’ils sont vraiment de bonne foi. Mais il est interdit de parler dans ce sens, et ça, c’est anormal: comme si on voulait à tout prix que les jeunes aient des relations sexuelles, et que surtout ils ne réfléchissent pas avant.

Or l’augmentation des grossesses (évidemment non désirées) chez les mineures devrait poser la question de l’opportunité des relations sexuelles à cet âge et de la liberté de dire non des personnes qui ne sont pas considérées, dans d’autres domaines, comme capables de prendre des décisions importantes!

qu’on laisse faire les personnes majeures, encore, bon, mais l’avortement chez les mineures pose vraiment un problème de responsabilité de la société. Mais si on parle dans ce sens, on se heurte à tous ceux qui ne supportent pas qu’on puisse limiter leur avidité de jouissance, et qui s’indignent à la moindre évocation d’un garde fou dans le domaine de la sexualité. Et aujourd’hui, si quelqu’un n’est pas content, ça suffit à faire peur aux politiques qui ne veulent pas de vagues.

un billet que j’ai retrouvé (sur le sida) montre qu’il y a vraiment possibilité de proposer plusieurs moyens, et que ça marche mieux que de choisir un seul moyen et de l’imposer à tous :
http://www.dumspiro.net/blog/billets.php/post/2009/03/19/L-Ouganda-mod%C3%A8le-africain-dans-la-lutte-contre-le-SIDA

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Yogi février 7, 2010 à 23 h 30 min

Le taux de grossesse des mineures aux US est le plus fort des pays industrialisés, près de dix fois plus élevé qu’en France et ne décroît pas. Leurs priorités ne sont pas nécessairement les nôtres.

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do février 7, 2010 à 23 h 40 min

le leur ne opeut-être pas, mais le nôtre augmente!

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Le Spirituel D'abord ! février 10, 2010 à 18 h 48 min

Certes on peut « accuser » Zemmour de surfer systématiquement sur le contre-pied de la pensée unique, n’empêche que c’est le SEUL actuellement à être audible et à donner un point de vie différent là où tout le monde se complait, donc merci pour votre article.
Même si son message peut être gênant ou choquant, peut-être qu’il a le mérite de lancer un débat et des questions là où certains ne s’en posent plus depuis longtemps. Pour nos contemporains, l’avortement est un droit, point barre, une réfexion sur le foetus ne les effleure même pas.
J’ai eu la surprise un jour de croiser Eric Zmmour dans la rue, c’est quelqu’un de profondément humain, qui dit ce qu’il pense (je ne crois pas à une stratégie ou un genre médiatique) et il me semble que cela ne peut être que positif pour être écouté.

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armagilus février 10, 2010 à 21 h 25 min

@ do : Je ne suis pas assez documenté sur la situation aux États-Unis, mais il est certain qu’en France le discours que l’on adresse aux adolescents sur la sexualité pose de sérieux problèmes. On ne peut pas s’étonner ensuite qu’il ait des conséquences pratiques.

@ LSD :-) Je n’ai jamais croisé Zemmour, mais j’ai la même impression que vous sur le personnage. C’est peut-être pour cela qu’il parvient à être malgré tout relativement respecté. Si c’était un personnage antipathique ou un simple histrion, il ne pourrait sans doute plus parler.

Par ailleurs, je me suis permis d’éditer le billet pour ajout un lien vers celui de Koz qui est complémentaire et un lien vers la campagne actuelle de l’Alliance pour les droits de la vie.

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Boris Borodinov avril 24, 2010 à 17 h 46 min

Excusez-moi, je me permets de reprendre ce fil car je suis tombé récemment sur un autre fait d’arme de ce monsieur Zemmour :
http://www.dailymotion.com/video/xclx4p_z-comme-zemmour-pedophilie-et-celib_news

Il n’y va pas par le dos de la cuillère et accuse en toute bonne foi l’Eglise de France (dont vous nous faisons tout deux partie) d’attaquer sciemment le Pape, par ses « relais médiatiques ». Sait il de quoi il parle ? et de préciser que le Concile Vatican II est à l’origine des idées délétères de mai 68… Vous le soutenez toujours ?

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